Ser penedo é ser por fora o que se é por dentro (Teixeira de Pascoaes)
... é como ser transparente.

1 de outubro de 2008

Du son du bronze à la rumeur de l'eau

Du son du bronze à la rumeur de l'eau
(oeuvre de A. Cunha e Silva et JPdS, edité par Orfeu, avec le soutien de la Mairie de Matosinhos, au 75ème anniversaire de Irene Vilar)

(partie du texte de JPdS en traduction de Marie Claire Vromans)

... et ces naufragés, les mêmes qui depuis toujours étaient projetés contre les écueils, abondaient aussi sur la barre de sable, lumineuse et tragique, perfide et belle, la barre du Douro, légèrement au Sud.

Ainsi l'éternelle adolescente, pleine du temps et de la sagesse de ceux qui épuisent celui-ci, accosta à Foz, présente partout de corps et d'âme, elle se partagea entre la mer et le fleuve, et persista dans ce combat, qui est encore le sien aujourd'hui et qui effraie le lâche ! entre la capacité et l'inquiétude.
Je suis triste en moi-même, mais tant que je vivrai, je serai moi.

Elle vint seule comme l'auteur du "Só", de Leça à Filgueiras et à Gilreu.

Je voudrais que la liberté de ma jeunesse se transforme en liberté de silences où je pourrais continuer à être toujours égale à moi-même.

Révoltée, comme le choc des courants boueux, en amont, dans la rencontre fracassante avec les grandes marées du Sud-Ouest, dans la même écume où se font et se défont les plâtres et les bronzes, débris finalement apparentés aux angoisses des profondeurs de l'âme et des eaux, avec qui elle vit, elle cohabite.

On raconte, au sujet du poète António Nobre:
... arrivés à Porto, ils se dirigèrent tous vers Foz et, en passant sur la marginale, au moment de tourner vers Sobreiras et quand on voit la barre, il évoqua certainement en cette après-midi où le soleil se couchait, les couchants de la barre:
Ô couchants de la barre qui font défaillir,
dit-il, observant par la fenêtre de la voiture:
Que cela est beau !

Et la jeune artiste, connaissant bien ces élans admiratifs, de même que les descriptions brandoniennes, rouge doré avec des interstices de feu, exhalant des souffles verts enveloppés par les vagues, des poussières d'or qui se rabattent sous le cap de sable, a fait de cet endroit son lieu d'élection.

Grâce au maniement adroit du ciseau et du burin, des argiles humides et des plâtres, jaillit ce qu'Irene portait depuis longtemps dans ses entrailles, gestation et accouchement tumultueux, condition pour que le fruit soit propre à l'investigation, mais aussi conciliant et exemplaire.

Là, elle implanta très vite tout ce qu'elle avait glané, car le poète est plus soucieux de l'urgence que du manque; en effet l'insistance vise l'éternité tandis que le nécessaire ne concerne que le moment présent. Et les retards furent nombreux, à cause des hommes, mais il fallait agir.
Le Messager s'établit comme si sa place avait été prévue depuis longtemps:
Déployez les voiles, dit-il, dans l'espace venteux
Car le Ciel nous favorise et Dieu le veut
Sur son siège clair j'ai vu un messager
Dont l'unique dessein est de nous protéger

Ce poème de bronze, en quête de l'espace primordial, d'une qualité qui offense les médiocres, avec cette différence qui est le stigmate, la peine à supporter la vie entière, car le monde s'adresse surtout à la masse et il appartient peu à ces archéologues de l'âme, incertains qui cherchent sans trêve et s'acharnent, parce qu'ils gardent la conscience d'eux-mêmes, et à quelques autres, peu nombreux, obstinés: telle est la voie à suivre, sinon c'est l'abdication, c'est l'ignominie.

Il y eut de la fantaisie, de la rage, de la frustration... et je t'ai fixé dans le temps à travers ma vérité.

S'agit-il de Gabriel, Michel ou Uriel ?
Présage-t-il des temps nouveaux, un précurseur, un sauveur ?
Propose-t-il la solution, le chemin de la contrition, la fin des ténèbres ?
Qu'importe !

Il renouvelle plutôt la quête et prédit ce qui devrait déjà appartenir au sens commun:
Que l'abeille est petite parmi ce qui vole mais son fruit est le premier en douceur
et aussi
quand tu donnes une aumône, ne permets pas qu'on joue de la trompette devant toi, comme font les hypocrites. Quand tu donnes une aumône, que ta main gauche ne sache pas ce que fait ta main droite, afin que ton aumône reste en secret.

Et sans les artifices de la manière d'aujourd'hui et dans la retenue inhérente aux sphères supérieures, à la vraie grandeur, il montre, de sa main droite, le chemin de la recherche, de l'investigation hasardeuse et donc rédemptrice, et de la gauche la mesure sans ornements, la concentration innée des choses avisées.

Le Messager d'Irene porte la tache de l'humanité et la candeur céleste.
En génuflexion, il regarde la terre, naïf et sincère, parce que les étoiles et les chemins sidéraux se divisent également parmi les lichens, dans les boues vertes du lit fluvial.

Joaquim Pinto da Silva

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